3ème rencontres : les modes créatifs

Bien tenir son appareil

Les réglages se font avec la main droite, il est important de s’assurer d’une prise confortable pour avoir un accès aux réglages facile. Surtout cela va être la première technique pour éviter les photos flous. Je vous propose de visualiser une vidéos youtube très bien faite sur ce thème.

Les paramètres communs aux modes créatifs

Pour commencer je vous ai demandé de laisser en automatique de nombreux paramètres communs à tous les modes créatifs.

La balance des blancs

La balance des blancs (ou WB pour White Balance en anglais) en photographie est un réglage essentiel qui permet de corriger les variations de température de couleur causées par différentes sources de lumière. Elle vise à garantir que les couleurs dans une image apparaissent naturelles et fidèles à la réalité, quelle que soit la qualité de la lumière ambiante. Le mode automatique conviendra la plus part du temps.

Le mode de mesure de l’exposition

La mesure de l’exposition en photographie fait référence à la façon dont un appareil photo évalue la quantité de lumière présente dans une scène afin de déterminer les paramètres nécessaires pour obtenir une exposition correcte. L’exposition correcte signifie que l’image résultante a une luminosité et un contraste appropriés, avec des détails visibles dans les zones sombres et les zones claires. Par défaut le mode de mesure de nos appareils est la mesure matricielle (ou évaluative). Dans ce mode, l’appareil photo évalue la luminosité de la scène en prenant en compte l’ensemble de l’image.

La mise au point

La mise au point en photographie fait référence au processus de réglage de la distance entre l’appareil photo et le sujet de manière à obtenir une image nette et claire. Lorsque la mise au point est correcte, le sujet principal est net et les détails sont bien définis, créant une image qui est à la fois esthétiquement agréable et informative. Là aussi nous pouvions laissé l’appareil nous assister dans ce réglage.

Seulement, je vous ai proposé de choisir l’endroit exacte où cette mise au point allait être faite en sélectionnant un unique collimateur.

Les collimateurs

Les collimateurs en photographie, en particulier en photographie avec des appareils photo reflex, sont des points de focalisation situés à l’intérieur du viseur optique de l’appareil. Ils sont utilisés pour sélectionner la zone ou le point précis sur lequel l’appareil doit effectuer la mise au point.

Les collimateurs : plus on en a mieux c'est!
Les collimateurs du Canon EOS 550D

Ils se trouvent facilement dans le viseur optique, dans l’œilleton. Vous avez été nombreux a les recherché sur l’écran de vos appareils, en mode Live View donc. Certains ont pu trouver une fonction qui s’en approche : un gros carré qui permet de choisir la zone ou l’on souhaite faire la mise au point.

Le mode Live View

Le mode Live View, en photographie, est une fonctionnalité qui permet de visualiser la scène en temps réel à travers l’écran LCD de l’appareil photo, plutôt que par le viseur optique traditionnel. Dans ce mode, l’écran affiche une représentation en direct de ce que l’appareil photo voit, ce qui permet au photographe de composer et de mettre au point l’image en se basant sur cette visualisation directe. Cela offre une prévisualisation en temps réel de l’image finale.

L’accès aux réglages des paramètres de l’exposition

Nous nous sommes donc consacré à la prise en main des modes experts P S et A. Vous avez sans doute remarqué que nous avons agit sur 2 molettes distinctes : la molette PASM, pour le choix du mode de prise de vue et la molette de réglage pour faire varier les paramètres. Chacun a pu prendre en main son appareil et ses particularité : molette de choix du mode de vue sur le dessus en général, à droite ou à gauche de l’appareil, molette de réglage accessible avec l’index pour tous.

A noter que si en mode A ou S la molette agit directement sur le paramètre que l’on veut modifier (ouverture ou vitesse), en mode P il faut d’abord appuyer sur la touche ISO, on a alors la possibilité de changer cette valeur avec la molette de réglage. C’est une possibilité que l’on conserve dans les modes A et S.
En mode M il faudra sélectionner sur quel paramètre (ouverture ou vitesse) on veut agir et il faudra ajuster les 2! C’est un mode qui laisse très peu de place à l’improvisation.

Observations

Nous n’avons pas pu finaliser l’observation des photos prises lors de notre atelier. Pour réaliser ces observations, j’espère que vous avez tous pris en main FastStone Image Viewer qui permet l’affichage des données EXIF.

Les données EXIF, abréviation de Exchangeable Image File Format, sont des informations incorporées dans les fichiers d’image numérique, comme les fichiers JPEG ou RAW, par les appareils photo numériques. Ces données fournissent des détails précis sur les conditions de capture de l’image et les paramètres de l’appareil photo au moment de la prise de vue. Elles sont également visibles à partir de votre appareil photo en mode visualisation.

En mode P, Programme

Plus on augmente la sensibilité, plus il apparaît de grain. L’exposition reste correcte dans tous les cas, votre appareil a déterminer un couple ouverture/vitesse qui le garantie.

La présence de grain

La première chose sur laquelle porter son attention : la présence de grains, caractéristique d’une augmentation du bruit du à l’amplification du signal lumineux par votre appareil reflex. Pour constater ce grain de façon plus évidente il peut être nécessaire de zoomer, beaucoup zoomer! Ci-dessous, je vous affiche la photo que j’ai prise avec une réglage ISO de 6400, le maximum que m’autorise mon appareil : et bien, vu comme ça, c’est pas choquant… A vous de faire vos observations sur les photos prises par vos appareils!!!

Dans le précédent article, j’avais donc créé une animation à partir d’un recadrage des 7 photos prises, je vous en propose une planche contact ci-dessous.

J’ai affiché pour chaque photo la valeur ISO choisie pour prendre la photo, l’ouverture du diaphragme et la durée d’exposition.

Vous pouvez observer que l’appareil a fait varier les valeurs de la durée d’exposition de la photo 1 à 5, sans changer l’ouverture et que globalement ces valeurs sont divisées par 2. Sur les 2 dernière photos, c’est plus compliqué, les 2 autres paramètres ont changés.

Ce que vous pouvez retenir c’est que lorsque l’on multiplie par 2 une valeur d’ISO, on augmente par 2 la quantité de lumière que reçoit le capteur de l’appareil photo, il choisi donc dans un premier temps de diviser par 2 le temps d’ouverture. Cette compensation maintient une exposition correcte. Ensuite il agit plus légèrement sur le temps d’exposition mais compense également en refermant le diaphragme de l’objectif.

Pour aller plus loin

Une autre expérience restera à réaliser : faire varier ce couple pour une valeur ISO donnée. Toujours en agissant sur la molette de réglage, bien sûr!

Vous pouvez visualiser ces propositions de couples ouverture/durée d’exposition dans l’écran de votre appareil, mais je vous encourage à travailler avec l’œilleton de visée! D’une part vous aurez une meilleure stabilité pour une image sans flou, d’autre part savoir faire vos réglages dans cette position va vous permettre de gagner du temps et donc vous assurer de ne pas rater le bon moment!!!

Ce mode P n’est pas utilisé par les photographes, ou alors uniquement à des fins pédagogique. Il permet d’observer l’inter-dépendance entre l’ouverture (Aperture) et la durée d’exposition, la vitesse d’obturation (Speed).

En mode A, priorité à l’ouverture (Aperture)

Un joli bokeh… ou pas

Gilles nous a proposé de photographier une superbe collection d’authentique Schtroumpf! Le bokeh désigne la texture, le rendu du flou hors du champ de netteté d’une photographie. Ce champs de netteté est aussi nommé zone de netteté ou profondeur de champs. C’est une zone dont la distance varie en fonction de l’ouverture choisie.

Ainsi vous pouvez remarquer sur vos photos de Schtroumpf que plus vous fermer l’ouverture et donc sa valeur grandit, plus l’image présente de zone nettes. On parle de grande profondeur de champs, souhaitable pour un paysage par exemple.

A contrario plus la valeur d’ouverture réduit et donc plus l’ouverture est importante, plus la profondeur de champs se réduit. On parle de faible profondeur de champs : la zone de flou augmente devant et derrière votre Schtroumpf, ce qui le met en valeur.

Pour cette expérience, je vous avais demandé de paramétrer un ISO fixe et de faire varier l’ouverture en utilisant des focales particulières : f/2,8 – f/4 – f/5.6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22. En fait lors du passage de l’une de ces valeurs à l’autre, vous diviser par 2 la lumière reçue par le capteur de votre appareil.

Je vous propose ci-dessous la planche contact des essais que j’avais réalisé pour préparer la rencontre précédente. Les vignettes ne permettent pas d’apprécier la variation progressive de la profondeur de champs, mais intéressez vous aux valeurs de la durée d’exposition : elle est multipliée par 2 au fur et à mesure que le diaphragme se réduit!

Pour aller plus loin

Que se passe t-il si nous changeons de focale? Voilà une question à laquelle nous nous efforcerons de répondre lors d’une prochaine rencontre.

En mode S, priorité à la vitesse (Speed)

Un joli flou de mouvement

Le flou ne peut être beau que si il est choisi pour styliser un mouvement, par exemple une cascade d’eau. Lors de notre dernière expérience nous avons fait l’expérience inverse : nous avons chercher à arrêter le mouvement d’un ventilateur. Je vous propose une planche contact de mes observations :

Vous pouvez y observer l’arrêt de la pale du ventilateur!

Je suis donc parti d’une durée d’exposition longue, pour éviter le flou de bouger, j’ai utiliser un trépied. Ainsi le flou visible est bien uniquement celui de la pale en mouvement. Puis j’ai réduit la vitesse par 2 selon les valeurs que je vous avait proposé : 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 – 1/500 – 1/1000 – 1/2000. Ainsi la quantité de lumière qui atteint le capteur de l’appareil est divisée par 2 de valeur en valeur.

J’avais présélectionné la valeur ISO maximale de mon appareil pour m’assurer une exposition correcte malgré le manque de luminosité de cette soirée d’automne. Jusqu’à la valeur de 1/500 l’appareil a progressivement augmenté l’ouverture afin de compenser la diminution de la durée d’exposition. Pas facile de dire si les valeurs d’ouverture ont doublées : comme vous avez pu le remarquer lors de l’expérience précédente la progression n’est pas arithmétique!

Ce que vous pouvez remarquez par ailleurs c’est que dans les conditions de luminosité de ces prises de vue, mon appareil a atteint ses limites : sur les 2 dernières photos il a pu immobiliser la pale du ventilateur mais n’a pas été en mesure de produire une exposition correcte.

Mais quand même, et le flou de bouger?

Mathieu l’a évoquée lors de notre précédente rencontre : il existe une vitesse de sécurité au dessous de laquelle il est déconseillé de descendre sans l’assistance d’un trépied. Nous y reviendrons lors d’une prochaine rencontre, celle ci dépend de la focale.

Le triangle d’exposition

Un schéma récapitulatif

L’indicateur d’exposition

Une bonne connaissance du triangle de l’exposition est primordiale même si notre appareil nous assiste en affichant une indication sur la mesure de l’exposition. L’indicateur d’exposition peut-être visualisé, tout comme les valeurs d’exposition, sur notre appareil lors de la mise au point : dans l’œilleton, sur l’écran de l’appareil et en mode Live View.

Les informations dans l’oeilleton

Sur cette image vous pouvez lire de gauche à droite :

  • la vitesse d’obturation S ou Tv : 125 pour 1/125 sec
  • l’ouverture A ou Av : 8 pour f/8
  • une échelle allant de -2 à 2 ; elle donne une indication sur l’indice de luminosité : la valeur 0 correspond à une exposition correcte
  • à droite la sensibilité ISO : 200